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A.J. Greimas
Maître de la fiducie
Raccommoder sens et (con)science
La méthode sémiotique de Algirdas J. Greimas vise à réparer la fêlure entre le sens et la conscience, symptomatique à cause du soupçon selon Paul-Laurent Assoun. Elle propose d’utiliser les valeurs d’une axiologie pour déjouer l’insignifiance imposée par la modernité.
À la recherche d’une méthode pour parler scientifiquement du sens, Greimas a conçu au fils des ans une sémiotique avec un appareil terminologique remarquable. Mais celle-ci se révèle cependant difficile d’accès de par son jargon qui peut sembler rebutant.
Au lieu de mettre en avant la terminologie, cet ouvrage met l’accent sur la pensée de Greimas en quatre volets. Sa pensée s’est forgée au travers de son oeuvre et elle garantit la cohérence et la bonne utilisation des concepts de sa méthode.
Le premier volet illustre le contexte dans lequel surgit la méthode Greimas: le Methodenstreit allemand, la phénoménologie de Maurice Merleau-Ponty ou le minimum épistémologique. Greimas se débarrasse ainsi de la surface du signifiant pour s’aventurer dans les profondeurs de la signification.
Puis, avec la sémantique structurale, Greimas introduit, de l’équivalence à la narrativité, le concept de la valeur.  Il s’agit de suivre l’introduction de la valeur à travers les différentes inventions théoriques: le carré sémiotique, la fonction métalinguistique, le trajet génératif, le modèle actantiel, le schéma narratif, la véridiction, jusqu’à l’adhésion épistémique qui ouvre la porte aux passions.
Les passions offrent à Greimas l’opportunité de s’imaginer l’origine du monde sensible. Ceci nécessite une extension de la méthode, avec l’introduction de la valence, avec des conséquences considérables pour l’épistémologique de la sémiotique. Mais cette extension de la méthode implique aussi un enjeu anthropologique: se défaire de l’insignifiance à l’aide d’une sorte de cogito axiologique, décrit dans l’œuvre de Jules Lequier et Raymond Ruyer. Le livre de son ami Charles Singevin, Dramaturgie de l’esprit, est à la base de ce changement.
Dans toute son oeuvre, Greimas ne cache pas son intérêt pour la psychanalyse. Intrigué par son objet, Greimas a du mal avec « la méthode psychanalytique ». Le quatrième volet du livre explique cette logique entre la sémiotique et la psychanalyse dans oeuvre de Greimas. Et ensuite elle reprend quelques thèmes apparentés à la psychanalyse de Sigmund Freud et Jacques Lacan pour montrer en quoi la psychanalyse s’engage dans une direction opposée à la sémiotique. Cette différence est illustrée avec par exemple la rhétorique, l’oblique du discours et l’ambiguïté symbolique.
Greimas aspire à introduire de nouvelles axiologies pour contrecarrer l’insignifiance qui guette l’homme de la modernité. C’est l’enjeu anthropologique qui se dégage de sa méthode. Du prédécesseur de Sémantique structurale jusqu’aux passions, Greimas prend de plus en plus une attitude moraliste, en s’appuyant sur le concept lacanien de la communication assumée. Il se range ainsi dans l’épistémé de son époque, caractérisée par Paul Ricoeur avec les trois maîtres du soupçon : Marx, Nietzsche et Freud.
Paul-Laurent Assoun nous montre que les maîtres du soupçon ouvrent grand la porte à la déhiscence entre le sens et la conscience, alors que Greimas, maître, lui, de la fiducie, ouvre une porte étroite pour raccommoder sens et (con)science et réinstaurer la force adhésive de la croyance aux valeurs.

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Lire un aperçu. A.J. Greimas. Maître de la fiducie

A.J. Greimas: Maître de la fiducie contre Maîtres du soupçon